Vendredi 27 janvier 2012
5
27
/01
/Jan
/2012
00:54
Pourquoi tant de
réticences à accorder le droit, à ceux qui le souhaitent, d’ouvrir le dimanche ? Après la loi d’août 2009 qui définissait a minima sept zones touristiques où les commerces pouvaient ouvrir
le dimanche, les maires pouvaient étendre ces zones et créer des Périmètres Urbains de Consommation Exceptionnelle, qui garantiraient aux salariés volontaires, une rémunération double. Cela a été
refusé par le maire de Paris.
Un triple résultat bien décevant :
1- une profonde injustice, entre
une avenue des Champs où les commerces sont libres d’ouvrir alors que les rues avoisinantes du Triangle d’Or, tout aussi touristiques et commerciales, ne le peuvent pas ; et
ce, malgré le vœu du maire du 8ème déposé au conseil de Paris en 2010.
2- une hérésie qui aboutit à ne
pas créer des emplois, alors qu’on en a tant besoin ! Les grands magasins du Bd Haussmann ont indiqué pouvoir créer jusqu’à 700 emplois en ouvrant le dimanche. Nombre de
salariés travaillent déjà le dimanche, d’autres le souhaitent ou en ont besoin.
3- un cercle vicieux en matière
d’attractivité économique de Paris, les touristes quittant Paris pour Londres le week-end.
La CCIP a
pourtant proposé une approche innovante et plus juste mettant en évidence un « hyper centre » parisien plus vaste, obtenu en superposant les cartes d’implantation des
hôtels, des monuments historiques et des parcours touristiques, où se justifiait une ouverture le dimanche.
Comment peut-on avancer que l’ouverture du dimanche plus généralisée « entraineraient la disparition des commerces
indépendants » ? C’est mal comprendre d’où vient la concurrence…
La concurrence des commerces traditionnels ne vient pas des superettes ! L’exemple du
marché Treilhard a montré qu’une supérette peut dynamiser un quartier et faciliter le développement et la reprise de commerces de bouche haut de gamme (boucherie, fromagerie, poissonnerie…) dont
les offres sont complémentaires.
Ce n’est pas parce qu’une supérette choisit d’ouvrir le dimanche, que les commerces alentours devront la suivre ! L’ouverture
reste une faculté et non une obligation. Si le commerçant répond à des besoins différents, l’ouverture ou non du dimanche n’aura pas d’impact.
La vraie concurrence est ailleurs, sur internet, ouvert 24h sur 24 ! Superettes comme commerces traditionnels doivent
se différencier pour répondre à la concurrence de la toile combien plus puissante ! Comment ?
Par la qualité des produits, et surtout par l’accueil, l’accompagnement du client dans ses comparaisons et ses choix, par le conseil et le
service.
Les habitudes de consommation changent. Interdire le travail du dimanche ne protégera personne !
Article publié dans "La Parole aux Elus" du Journal Paris 8 - février 2012
Derniers Commentaires